Ces régimes qui font grossir

Ces régimes qui font grossir
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Qui dit perte de poids dit régime. Or, la plupart du temps, les kilos perdus réapparaissent sitôt le retour à une alimentation normale… compromettant dès lors toute réussite à long terme.

Prendre du poids après avoir suivi un régime peut paraître déroutant, et pourtant, c’est une réalité qui concerne la majorité des programmes minceur. Plus ils promettent des résultats rapides, plus ils entraînent un effet yoyo avec la reprise des kilos éliminés et même plus ! Car ces régimes, en déréglant le métabolisme, obligent le corps à stocker davantage. Voilà pourquoi les régimes amaigrissants ne sont pas anodins et qu’un éclairage s’impose sur les plus médiatiques.

Le jeûne intermittent

Ce type de diète consiste à ne pas manger pendant au moins quatorze heures pour contraindre le corps à puiser dans ses réserves de graisses. Ainsi, on peut sauter le déjeuner et ne rien consommer entre le petit déjeuner et le dîner. Mais le plus souvent, pour profiter du jeûne de la nuit, les personnes préfèrent se dispenser de petit déjeuner et ne rien manger entre le dîner et le déjeuner. Bien que le jeûne intermittent entraîne une perte de poids, celle-ci est en général modeste car il y a souvent un rattrapage calorique « incons­cient » lors des repas suivants. Ce régime ne présente pas de dangerosité particulière et le risque de carences est minime. Toutefois, une reprise des kilos est souvent constatée après son arrêt.

Attention, pas pour tout le monde

Le jeûne intermittent est déconseillé aux personnes de plus de 60 ans en raison du risque accru de fonte musculaire. Il est également déconseillé en cas de troubles du comportement alimentaire qu’il peut aggraver en encourageant le saut de l’un des trois repas de la journée.

Le régime cétogène

La diète cétogène consiste à éliminer presque totalement sa consommation de glucides et à favoriser les aliments riches en matières grasses comme apport calorique principal. Le taux de sucre dans le sang va donc baisser drastiquement, privant le corps de sa source première d’énergie jusqu’à atteindre un état de cétose : les réserves de glucose étant insuffisantes pour répondre au besoin en énergie, l’organisme va alors puiser dans les tissus graisseux.

Mais attention : à l’origine, le régime cétogène a été mis au point pour traiter les enfants épileptiques (il est d’ailleurs toujours utilisé et son efficacité a été démontrée) et de manière contrôlée. Y recourir seul dans le cadre d’une perte de poids est donc fortement déconseillé ! De plus, il peut aggraver des problèmes de santé. Les personnes souffrant de troubles hépatiques ou rénaux sévères, de troubles métaboliques génétiques, ayant des antécédents de pancréatite ou des problèmes gastro-intestinaux sont particulièrement concernées.

Les régimes hyperprotéinés

Il est encore courant de voir certains régimes prôner la consommation de poudres hyperprotéinées (à ne pas confondre avec les barres hyperprotéinées) en remplacement des repas au motif qu’elles calment la faim et limitent la fonte musculaire. Cependant, cela impli­que une restriction calorique souvent sévère, entraînant à la fois carences et fatigue. Ces régimes de courte durée exposent également au yoyo pondéral à leur arrêt. Car le corps est doté d’un mécanisme de survie adaptable : lorsqu’il est soumis à un régime restrictif, il perçoit cela comme une menace potentielle de famine. En réponse, le métabolisme a alors tendance à ralentir et les cellules adipeuses à stocker davantage de graisses en prévision de futures périodes de privation. Un phénomène qui explique l’effet dit « yoyo » des régimes et la reprise rapide de poids une fois le retour à une alimentation « normale ». Des kilos en plus qui mettent en lumière la contre-productivité des approches extrêmes de perte de poids, soulignant la nécessité d’une gestion plus équilibrée et durable.

Pour mincir intelligemment

Maigrir et stabiliser la perte de poids demandent de la patience. Dans ce sens, il convient de bannir les régimes sévères qui promettent des résultats rapides sans reprise de poids. Optez plutôt pour une alimentation variée et équilibrée afin de garder la notion de plaisir, la clé d’une démarche durable, et de manger moins gras et moins sucré, tout en faisant des repas complets.

Il est en outre important de prendre le temps de manger et d’être à l’écoute de ses sensations de rassasiement. Celles-ci arrivent généralement entre vingt et trente minutes après le début du repas. C’est le temps qu’il faut aux signaux périphériques venant de l’estomac et de l’intestin grêle pour activer les récepteurs du cerveau et sonner la fin du repas. Il faut donc prendre le temps de mastiquer, manger lentement et se concentrer sur son assiette. En somme, évitez les repas engloutis en dix minutes devant un écran de télévision ou d’ordinateur. Enfin, il ne faut pas oublier de boire au moins 1,5 litre d’eau chaque jour pour favoriser l’élimination des toxines et bien hydrater son corps. Attention : certaines eaux aro­matisées peuvent être sucrées. Pour ne pas tomber dans le piège, on lit bien les étiquettes.

Bien manger ne suffit pas, il faut aussi bien bouger et bien dormir : sept à huit heu­res de sommeil sont le minimum requis pour avoir l’énergie nécessaire à une bonne activité physique, voire sportive, dans la journée.

Une journée type

Petit déjeuner : 150 g de fromage blanc à 0 % de matières grasses avec une poignée de framboises et de myrtilles et une poignée de flocons d’avoine + thé ou café sans sucre.

Déjeuner : une darne de saumon accompagnée d’une ratatouille et de 2 à 3 cuillères à soupe de riz + une part de fromage, une tranche de pain + une clémentine.

Collation : 1 ou 2 fruits.

Dîner : une omelette de 2 œufs + salade composée + un laitage + un fruit.