Contre les MICI, on (se) bouge

Contre les MICI, on (se) bouge
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Depuis 2010, le 19 mai est dédié aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Portée par le slogan « Les MICI entrent en Jeux ! », l’édition 2024 profite du contexte des jeux Olympiques et Paralympiques pour axer sa campagne de sensibilisation autour des bienfaits de l’activité physique dans la gestion de la maladie.

Être atteint d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), c’est souffrir de spasmes abdominaux, de diarrhées fréquentes, incontrôlables et parfois sanglantes, de perte d’appétit, de fatigue chronique, de fissures et/ou d’abcès sur la région anale… Aujourd’hui, 10 millions de personnes dans le monde, dont 300 000 en France, en savent quelque chose. Chaque année, 8 000 nouveaux cas (dont 20 % d’enfants) de MICI, qui regroupent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), deux pathologies incurables, sont diagnostiqués sans que le corps médical puisse les anticiper. Tour à tour incriminés dans le développement de la maladie, la génétique, les facteurs environnementaux et les défaillances du système immunitaires multiplient les pistes de prise en charge, mais n’offrent à ce jour aucun moyen de guérison. Cependant, les recherches ont permis d’établir avec certitude qu’une activité physique régulière, même minime comme la marche à pied ou le jardinage, augmentait considérablement le confort du patient : « La sédentarité peut aggraver les symptômes des MICI, augmenter l’inflammation et entraîner une perte de masse musculaire » souligne le Dr Julien Scanzi, hépato-gastro-entérologue au CHU de Clermont-Ferrand.

Freins et réticences

Sur le plan médical,  le spécialiste indique qu’il est reconnu que « l’activité physique régulière peut réduire l’inflammation, améliorer la santé intestinale, renforcer le système immunitaire, maintenir le poids et la masse musculaire, diminuer l’anxiété et le ressenti des douleurs, et améliorer la qualité de vie ». Malheureusement, deux tiers des personnes atteintes de MICI réduisent ou renoncent à une pratique sportive, principalement en raison de la fatigue intense et des symptômes digestifs invalidants. Certaines évoquent également le manque de motivation et la peur de se faire mal. Enfin, peu de patients ont connaissance de l’existence de l’activité physique adaptée (APA), laquelle repose sur la prescription d’un médecin et offre un encadrement spécifique.

À travers leur campagne « Les MICI entrent en Jeux ! », l’afa Crohn RCH France souhaite favoriser la pratique d’une activité physique chez les patients souffrant d’une MICI. Pour les accompagner, l’association a mis à leur disposition un module gratuit sur la plateforme MICI Connect.

Dans la peau d’un patient

Être obligé d’interrompre ses activités à tout moment pour se rendre aux toilettes ; prévoir en permanence une tenue de rechange en cas d’accident ; porter une protection ; ne jamais se séparer d’un désodorisant de poche à cause des flatulences incontrôlables… Parce que l’impact d’une MICI dans le quotidien est difficilement mesurable, en 2016, le laboratoire Takeda France a déployé, en partenariat avec l’afa Crohn RCH France, l’expérience « In Their Shoes » à l’attention des équipes soignantes hospitalières. Une simulation qui a déjà permis aux participants de trente pays de vivre au rythme de la maladie pendant 48 heures afin de mieux accompagner les patients.